30/07/2017 | 14:45:00

Inondations : Hanoï se prépare pour la saison des pluies

Une zone inondable dans la rue Nguyên Thai Hoc. Photo : Huong Linh/CVN

La saison des pluies arrive, avec son cortège d’inondations. Malgré des progrès notables ces dernières années, la capitale n’est toujours pas en capacité, dans certains quartiers, de réguler les arrivées d’eau soudaines et massives.

Bien que les deux étapes du projet d’évacuation des eaux de Hanoï soient achevées, la capacité du système d’évacuation de la ville reste limitée, notamment en cas de précipitations de plus de 100mm en un cours laps de temps (40 minutes).

Infrastructures défaillantes

Selon Vo Tiên Hùng, directeur de la Compagnie d’évacuation des eaux de Hanoï : «Le réseau de canalisations de la capitale aura du mal à faire face à la saison des pluies cette année». Dix-huit zones à risque élevé d’inondation ont été identifiées, dont 11 dans le bassin de la rivière Tô Lich, notamment le carrefour Phan Bôi Châu-Ly Thuong Kiêt, les rues Cao Ba Quat, Thuy Khuê, Minh Khai, Giai Phong, Truong Chinh, Nguyên Khuyên... Trois autres  se trouvent dans le bassin de Long Biên (rues Ngoc Lâm et Hoàng Nhu Tiêp et Cô Linh).

Les quatre restantes sont sur la rive droite de la rivière Nhuê (rues Hoa Bang et Pham Van Dông, dans l’arrondissement de Câu Giây), et dans le bassin de Hà Dông (carrefour Quang Trung-Phan Dinh Giot et zone située en face de la gare routière Yên Nghia). «Le processus d’urbanisation de la ville est si rapide que les infrastructures d’évacuation sont incapables de suivre le rythme, estime Vo Tiên Hùng. Pendant les orages et dépressions tropicales, les précipitations peuvent atteindre plus de 100 mm en moins d’une heure. Le réseau est débordé».

D’après M. Hùng, le réseau de canalisations de Hanoï ne peut faire face qu’à des précipitations modérées, par exemple 50 mm en deux heures. Les inspections effectuées par la ville l’année dernière ont montré que si les anciens ouvrages hydrauliques sont efficaces dans la lutte contre la sécheresse et les inondations, certains, construits il y a six ou sept décennies avec des technologies et équipements obsolètes, doivent absolument être modernisés.

Un autre problème est l’obstruction par les ordures des canalisations. S’y ajoute l’urbanisation, la «bétonisation  des sols», facteur aggravant en ce que la pluie ne pénètre pas le sol mais ruisselle sur le bitume. L’aménagement urbain n’est pas adapté à une montée brutale des eaux. La rivière Nhuê, au niveau du périphérique 4 à Liên Mac, dans le district de Bac Tu Liêm, n’a pas été draguée pendant longtemps et ne pourra pas assumer son rôle d’évacuation des eaux des quartiers urbains et districts de Hoài Duc et Dan Phuong.

De plus, la majorité des 95 lacs-réservoirs de la ville ont des structures en terre. Leur capacité de rétention est faible et incertaine.

Des solutions existent

D’après Nguyên Van Suu, vice-président du Comité populaire de Hanoï : «La ville devra préparer des ressources financières et humaines pour répondre aux catastrophes naturelles en temps opportun. Et les localités devront inspecter tous les tronçons de digues».

La compagnie d’évacuation des eaux de Hanoï a d’ores et déjà déployé des mesures dans les secteurs à risque. Concrètement, dans 11 zones inondables des arrondissements intra-muros, du bassin de la rivière Tô Lich, des ouvrages d’évacuation des eaux pluviales ont été restaurés (à Yên So, l’égout Do traversant la rue Thuy Khê). Elle a demandé aussi à la ville et au Service municipal de la construction d’accélérer les travaux des projets au lac Linh Quang, dans les rues Dôi Cân, Minh Khai…

En outre, ses ouvriers curent souvent les canaux et arroyos, ramassent les déchets qui obstruent les canalisations. En cas de fortes pluies, elle va  augmenter les capacités de la station de pompage de Yên So et du barrage de régulation de Thanh Liêt, mais aussi installer des pompes mobiles dans les zones basses.

Le Vietnam est l’un des dix pays les plus touchés par le changement climatique. Les risques d’inondations sont un problème récurrent à Hanoï, et ce depuis des années. Nul doute que ce phénomène s’accentuera dans les années à venir en raison de la pluviométrie de plus en plus forte et de l’urbanisation galopante.-CVN/VNA

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