18/07/2016 | 08:39:00

Les tablettes en bois de l’école Phuc Giang, un héritage inestimable

L’académicien Nguyên Huy My présente une des tablettes xylographiques. Photo: Archives/CVN

Les tablettes en bois de l’école Phuc Giang ont été reconnues en mai dernier par l’UNESCO comme patrimoine documentaire inscrit au Registre de la Mémoire du monde. Une distinction qui permet de mieux les valoriser, et de les présenter au public le plus large.

«Les tablettes xylographiques de l’école Phuc Giang sont transmises dans la famille Nguyên Huy depuis plus de 200 ans. Ces tablettes uniques reflètent la culture et l’éducation dans le village de Truong Luu, il y a plus de cinq siècles», a expliqué Nguyên  Ba Hanh, vice-directeur du musée provincial de Hà Tinh (Centre).

La famille Nguyên Huy a en effet hérité de ses ancêtres un trésor : 2.000 tablettes en bois de plaqueminier où sont gravés des textes réalisés à partir de l’écriture démotique vietnamienne et de caractères chinois. Elles ont servi à l’impression de livres et de documents destinés aux concours mandarinaux à la fin de la dynastie des Lê postérieurs (1428-1788).

Elles ont été gravées entre 1758 et 1788 à Truong Luu dans la commune de Lai Thach du district de Thiên Lôc (aujourd’hui commune de Truong Lôc, district de Cân Lôc, province de Hà Tinh). Aussi sont-elles souvent appelées «tablettes de Truong Luu». Il s’agit essentiellement de copies de livres classiques chinois, complétées par cinq figures éminentes de la famille Nguyên Huy : Nguyên Huy Tuu, Nguyên Huy Oanh, Nguyên Huy Cu, Nguyên Huy Quynh et Nguyên Huy Tu.

Encyclopédie sur le système éducatif

Les tablettes sont gravées sur les deux faces, et chacune compte 18-20 lignes. Une planche mesure 30 cm de long, 20 cm de large et 2 cm d’épaisseur. Ces tablettes sont très précieuses pour l’étude des techniques d’impression et du style calligraphique de l’époque, mais aussi du système éducatif et de la façon dont nos ancêtres assimilaient les classiques du confucianisme.

«Il s’agit des tablettes les plus anciennes dans l’histoire de l’éducation au Vietnam», a souligné M. Hanh.

Actuellement, il n’existe plus que 394 tablettes de l’école Phuc Giang, conservées par la famille du Professeur et académicien Nguyên Huy My, descendant de la lignée Nguyên Huy. Elles ont été numérisées et imprimées en 12 tomes, puis ont été envoyées aux centres d’archives, aux bibliothèques et aux instituts de recherche sur les caractères chinois et sino-vietnamiens (nôm).

Pour Nguyên Huy My, descendant de la 16e génération de la famille Nguyên Huy​, «elles reflètent différents aspects du pays à l’époque autour de la culture, l’éducation, l’économie, la société et les interférences entre différentes familles».


Valoriser et vulgariser ce patrimoine

Pour préserver et promouvoir ce patrimoine, le Musée de Hà Tinh devra coopérer avec la Bibliothèque nationale du Vietnam et l’Institut de la littérature pour organiser des expositions avec une traduction des tablettes en vietnamien. Autre projet : la publication d’un ouvrage sur le sujet.

Le Comité populaire du district de Can Lôc a établi le projet de village à la fois culturel et touristique de Truong Luu, où les visiteurs pourront en savoir plus sur l’histoire et la culture de cet ancien village.

Si les tablettes de la pagode Vinh Nghiêm dans la province de Bac Giang (Nord) sont des archives sur le bouddhisme zen Truc Lâm Yên Tu, celles de Dà Lat des documents sur la cour de Huê sous la dynastie des Nguyên, les tablettes xylographiques de l’école Phuc Giang constituent une encyclopédie sur le système éducatif, notamment sur les concours mandarinaux de l’époque féodale. Elles méritent d’être valorisées et présentées au grand public.

Les patrimoines documentaires vietnamiens inscrits au Registre de la Mémoire du monde comprennent, outre ces fameuses tablettes de Truong Luu, les 82 stèles des lauréats des concours mandarinaux sous les dynasties des Lê et Mac (1442-1779) sises au Van Miêu-Quôc Tu Giam (Temple de la Littérature, à Hanoi), les tablettes de bois liturgiques de la secte bouddhique Truc Lâm dans la pagode Vinh Nghiêm, les Châu ban (ensemble de documents administratifs de niveau étatique sous la dynastie des Nguyên (1802-1945)), les textes littéraires gravés sur les palais royaux de Huê, province de Thua Thiên-Huê (Centre), et les tablettes de bois de la dynastie des Nguyên.

Les textes littéraires gravés sur les palais royaux de Huê et les tablettes xylographiques de l’école Phuc Giang ont été reconnus ensemble, en mai dernier, par l’UNESCO, comme patrimoines documentaires inscrits au Registre de la Mémoire du monde pour la région Asie-Pacifique. - CVN/VNA

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