24/10/2016 | 08:43:15

L’héritage céramique de la dynastie des Trân

La zone du Temple des rois Trân à Nam Dinh témoigne une étape marquante dans l’histoire nationale. Photo : CTV/CVN

Parmi les 200.000 objets préservés au Musée national de l’histoire du Vietnam, des centaines sont issus de la dynastie des Trân, dont le thông, une jarre typique de l’époque en céramique.


La zone du Temple des rois Trân à Nam Dinh témoigne une étape marquante dans l’histoire nationale. Photo : CTV/CVN


Arborant la  forme d'une fleur de lotus, le thông a une panse renflée divisée en huit quartiers égaux. Sur chacun de ces derniers, on y trouve trois petits lotus éclos, sertis de quatre feuilles et plantés en pot, le tout en relief. De 57 cm de haut, le thông, recouvert entièrement d’émail brun, peut peser une cinquantaine de kilos.

Cette jarre a été découverte en 1972 à un mètre sous terre lorsque les habitants du hameau de Tuc Mac du quartier de Lôc Vuong dans la ville de Nam Dinh (province éponyme, Nord) ont creusé un puit dans la zone du Temple des rois Trân. Selon les écrits, elle était un objet courant dans le palais royal, et demeure un bel exemple de la technique de décoration et de fabrication des céramiques sous la dynastie des Trân (1225-1400) dans le Nord.

Liens forts avec le bouddhisme

Le métier de fabrication des objets en céramique s’est fortement développé depuis la fin du XIe. Le céladon, ou porcelaine verte, était typique de la dynastie des Ly (1009-1225) tandis que l’émail brun était plus caractéristique de la dynastie des Trân. Ces céramiques ont émergé au moment où le bouddhisme est devenu une religion nationale, et il n’est pas étonnant d’y retrouver ses deux symboles fétiches, le lotus et le chrysanthème. Certaines pièces pouvaient également représenter des scènes de vie, comme des candidats aux concours mandarinaux honorant leurs ancêtres ou de guerriers sur leurs éléphants avant une bataille.

Ces céramiques étaient lourdes, et cuites à des températures comprises entre 1.000°C et 1.300°C. On les trouvaient régulièrement à Hanoï, mais aussi dans les localités de Hai Duong, Nam Dinh, Hoà Binh, Thai Binh (Nord), Nghê An, ou encore à Hà Tinh (Centre).
 


Le thông en céramique à l’email brun, un trésor de la dynastie des Trân. Photo : MNHV/CVN


Bien que le style se soit étendu sur près de 200 ans, peu d’objets ont pu être préservés jusqu’à nos jours. Les pièces restantes ont cependant su garder tout leur caractère historique, culturel et artistique.

Thiên Truong, des terres chargées d’histoire

Le hameau de Tuc Mac, ville de Nam Dinh (Nord) a été l’un des épicentres de la dynastie des Trân. Selon les historiens, le roi Trân Thai Tông y fit construire en 1239 un palais. En 1262, il plaça la ville au cœur de la région de Thiên Truong nouvellement dessinée par ses soins. De nombreux ouvrages royaux y ont été érigés, dont notamment le palais Trùng Hoa pour le roi lui-même et le palais Trùng Quang pour son père.

À noter que dans l’histoire vietnamienne, le prince héritait habituellement du trône à la mort du roi. Depuis la dynastie des Trân, un nouveau régime intitulé «père roi» avait été mis en place: arrivé à la quarantaine, le roi devait céder le pouvoir à son fils. Sans fonction officielle, il restait néanmoins à proximité pour le surveiller et l’éduquer.

En plus d’être un centre politique, Thiên Truong a été un avant poste militaire stratégique pour repousser les attaques ennemies. Elle a joué un rôle essentiel dans les deux batailles contre les armées sino-mongoles. Lors de la dynastie suivante des Hâu Lê ou Lê postérieur (1427-1789), elle est restée un centre culturel et économique prépondérant pour tout le littoral Nord du pays. La région de Thiên Truong se compose actuellement de la ville de Nam Dinh, des communes au sud des districts de My Lôc et Nam Truc (province de Nam Dinh), et une partie au sud du district de Vu Thu (province de Thai Binh, Nord).

La zone du Temple des rois Trân était délimitée par les deux anciens palais Trùng Quang et Trùng Hoa. À côté de ces derniers, on y trouvait les palais de Dê Nhât, Dê Nhi, Dê Tam, et Dê Tu où habitaient les proches et les mandarins, et qui se situaient au bord des rivières Hoàng Giang, Nhi Hà et Vi Hoàng. Ils étaient considérés comme des remparts de protection pour les deux palais royaux. Mais ces édifices ont été détruits entre temps, et aujourd’hui cette zone ne se compose plus que de deux temples : Thiên Truong (ou temple Supérieur) et Cô Trach (ou temple Inférieur). C’est ici que les archéologues ont découvert de nombreux objets d’époque, dont le thông en céramique présenté au Musée national de l’histoire du Vietnam. – CVN/VNA

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