"La qualité de l’air à Hanoï est actuellement très préoccupante. Cette situation pourrait durer et ferait de Hanoï l’une des villes les plus polluées, comme Delhi (Inde), Pékin (Chine) et Oulan-Bator (Mongolie)", est-il écrit dans un extrait de la lettre de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) envoyée à son personnel à Hanoï.

La mauvaise qualité de l’air

L’alerte donnée par l’OMS se base sur les chiffres fournis par le Centre de surveillance environnementale installé à l’Ambassade des États-Unis à Hanoï. Ces données, analysées en 2016 par le Centre de développement et d’innovation Green (relevant de l’Union nationale des associations des sciences et des technologies), montrent que pendant le premier trimestre de l’année 2017, la capitale du Vietnam a passé 37 jours durant lesquels la teneur de l’air en microparticules (dont la taille est inférieure à 2,5 micromètres, et qui peuvent s’introduire plus facilement dans les poumons) était supérieure à la norme nationale autorisée (50 µg/m3).

Si l’on prend la norme fixée par l’OMS (25 µg/m3) comme référence, la ville de Hanoï a connu 78 jours sur 90 durant lesquels l’air était particulièrement trop chargé en microparticules. Certaines fois, la quantité de microparticules dans l’air était jusqu’à dix fois supérieure à la norme autorisée par l’OMS.

"Pendant les heures de pointe, la teneur en microparticules (10 et 2,5 µm ) dépasse systématiquement la norme recommandée sur certaines routes périphériques et sur les chantiers de construction", a déclaré un cadre du Service des ressources naturelles et de l’environnement de Hanoï.

Selon des statistiques, la circulation est responsable de 70% des gaz à effet de serre émis dans l’air de la capitale. Hà Dông, Hoàng Mai, Câu Giây, Tu Liêm sont des arrondissements classés «rouges». "La pollution à Hanoï est principalement due à la fois à l’urbanisation rapide, avec l’augmentation de la population et à la circulation des véhicules de transport routiers", a fait savoir le maître de conférences, Docteur Pham Ngoc Hô, de l’Université des sciences naturelles à Hanoï.

Il a ajouté que le nombre insuffisant de centres de surveillance environnementale empêche une prévention efficace contre la pollution. "Les données fournies par ces centres de surveillance jouent un rôle important dans le fait de donner l’alerte au public, et pour que la prévention contre la pollution soit la plus optimale possible. Sans ces indices, il serait impossible d’être crédible pour alerter les gens et les inciter à réduire la pollution", a-t-il poursuivi.  
 
Les habitants peuvent contribuer à la protection de l'environnement en marchant, prenant le vélo ou les transports en commun au lieu de prendre sa moto ou voiture. Photo : 24H/CVN

Hanoï compte actuellement dix centres de surveillance, dont deux sont fixes et huit mobiles. Et pourtant, jusqu’à présent, seulement les deux centres fixes sont parfaitement équipés pour évaluer avec précision la qualité de l’air. Il est évident que l’évaluation de la qualité de l’air à Hanoï reste encore limitée par le manque de centres de surveillance environnementale.

De nombreux efforts à faire

Vu que la pollution à Hanoï s’aggrave de plus en plus et menace la santé des habitants, beaucoup de mesures ont été proposées. La plantation d’arbres est l’un des procédés mis en avant pour résoudre cet énorme problème de santé publique. "Il faut planter beaucoup plus d’arbres dans les rues pour augmenter la quantité d’oxygène dans l’air", a affirmé Hoàng Duong Tùng, ancien directeur adjoint du Département général de l’environnement (ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement). Selon des recherches menées par des scientifiques, les arbres sont aussi capables d’absorber 50% des aérosols nocifs, et des gaz toxiques présents dans l’air.

Dans le but de diminuer la pollution de l’air, la ville de Hanoï projette de planter près d’un million d’arbres pendant la période 2016-2020 et d’investir dans des balayeuses pour aspirer les particules nocives. En outre, les camions transportant de la boue, de la terre et des déchets seront plus strictement surveillés.

Selon Hoàng Duong Tùng, au-delà de la plantation des arbres, d’autres mesures doivent être prises pour lutter contre la pollution de l’air. "Il faut rationner les moyens de transport routiers, mieux réglementer les chantiers de construction, diminuer la densité de la population en aménageant la banlieue de la ville. Ce sont des mesures déterminantes", a-t-il souligné.

Toujours selon lui, la sensibilisation auprès du public compte également. "Il faut faire en sorte que tout le monde prenne conscience de l’importance de la protection de l’environnement, et en particulier de l’air. Il y a des gestes très simples que tout le monde peut faire, comme éteindre sa moto en s’arrêtant au feu rouge, marcher, prendre le vélo ou les transports en commun au lieu de prendre sa moto ou sa voiture. Cela devrait contribuer à améliorer considérablement la qualité de l’air et réduire les risques pour la santé", a-t-il conclu. – CVN/VNA